Quatre mesures indispensables pour assurer la survie de la chaîne du transport

Voilà plus de trois semaines que les transporteurs et leurs conducteurs se démènent pour assurer l’approvisionnement des Français en plein confinement. « Avec plus de 70% des entreprises en arrêt partiel ou total de leur activité, c’est la continuité même de la chaîne logistique qui est en jeu actuellement », préviennent l’OTRE, la FNTR et TLF, qui souligne le paradoxe de cette situation puisque les 30% d’entreprises restantes sont en surrégime, occupées à fournir aux Français les produits de première nécessité. Pour ces transporteurs aussi, les pertes s’accumulent, en raison d’importants surcoûts : retours à vide, coûts des heures supplémentaires du fait de l’extension des temps de conduite et du travail du dimanche et jours fériés, surcoûts liés aux achats des produits sanitaires et de protection…

Elles lancent donc un appel aux pouvoirs publics pour la mise en place de mesures dédiées de soutien, notamment en termes de trésorerie. Car il faut non seulement résister au choc aujourd’hui, mais aussi anticiper la reprise d’après-crise en limitant les dépôts de bilan qui se profilent. « Il est primordial de ne pas hypothéquer la reprise de l’économie en sacrifiant le maillon essentiel du transport et de la logistique dont toutes les industries et commerces auront besoin pour redémarrer », rappellent les fédés du TRM.

Quatre mesures de soutien sont indispensables selon elles pour pallier les trésoreries exsangues :

o La mise en place d’une procédure efficace pour lutter contre les retards de paiements et délais de paiement abusifs,

o L’anticipation du remboursement partiel de la TICPE accordée aux transporteurs routiers pour le 1er et 2e semestre 2020, calculé sur un pourcentage de la consommation de l’entreprise du semestre précédent ou à défaut, un remboursement au trimestre,

o La finalisation urgente des travaux en cours de mise en œuvre d’une carte d’achat de carburant taxé au taux du gazole professionnel, permettant aux transporteurs de réduire le portage de trésorerie lié à la périodicité semestrielle du remboursement partiel de TICPE et en tenant compte des modes de distribution utilisés (stations-services, cuves privatives) et des motorisations,

o Le report au 1er janvier 2022 de la diminution programmée de 2 euros/hl, soit deux centimes par litre du remboursement partiel de TICPE sur le gazole professionnel des transporteurs routiers instaurée par le Projet de Loi de Finances 2020.

Toutes les discussions actuelles et à venir sur la future relance de l’activité économique doivent maintenant intégrer les représentants du transport routier de marchandises et de la logistique, car les organisations professionnelles constatent et regrettent l’absence d’échanges réguliers avec le ministère de l’Economie et des Finances, contrairement aux autres filières dites stratégiques. – MF

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