Taxe poids lourds : La profession du transport routier exprime son ras-le-bol

À intervalles réguliers, depuis le début des Assises de la mobilité en septembre dernier, la ministre des Transports répète que les poids lourds devront participer au financement des infrastructures, tout en affirmant ne pas vouloir faire renaître l’écotaxe. Invitée sur BFM TV le 3 avril pour évoquer principalement le dossier SNCF, Élisabeth Borne a renouvelé cette volonté, en indiquant que les modalités de la contribution seraient débattues au Parlement dans les prochaines semaines. Alors une nouvelle fois, les professionnels du transport routier montent au créneau. La FNTR, aux côtés de TLF, exprime « son exaspération » face à la rengaine sur la nécessité de taxer les poids lourds et souligne la menace que fait peser ce projet sur la compétitivité d’un secteur déjà « extrêmement fragilisé par la forte concurrence internationale ». L’OTRE est sur la même longueur d’onde. Elle réitère dans un édito son opposition farouche à toute taxation, soulignant malicieusement la convergence de point de vue sur ce sujet entre la ministre des Transports… et le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. La Chambre syndicale du déménagement a également réagi. Pas question de « payer deux fois », s’insurge cette profession, rappelant que les entreprises de transport routier « s’acquittent déjà de leur part depuis le 1er janvier 2015 avec l’augmentation de la fiscalité sur le carburant de 4 centimes d’euros », suite à la suspension de l’écotaxe. « La taxation des poids lourds pour faire face aux contraintes rencontrées par le gouvernement en termes de mobilité est une idée simpliste qui commence à lasser », concluent la FNTR et TLF, déplorant que cette solution soit mise à toutes les sauces, qu’il s’agisse de trouver des ressources pour combler la dette ferroviaire, accélérer le report modal ou financer les infrastructures.

 

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