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Histoire de l’entreprise depuis 1980

C’est au mois d’AOUT 1980 qu’à été créé la SA CHAPPAT TRANSPORTS par mon père en absorbant le fonds de commerce qu’il avait lui même créé en 1965. Moi c’est à 19 ans, avec un Bach comptable en poche et après un cours passage chez les Ets DRUGUET de MEZERIAT, que j’ai intégré Transports-Locations Henri CHAPPAT, un an avant sa transformation en Société anonyme. Ce n’était pas par conviction mais simplement parce qu’à cet âge, on ne sait forcement dans quel sens orienter sa vie. La SA a donc été crée avec l’aide de M. Jean François TENOUX, PDG de la Société de transports du même nom à BOURG EN BRESSE, depuis disparus, et pour lequel mon père travaillait depuis des années. Ainsi que de son chef comptable, M. Serge MAZUIR, à qui je dois ma véritable formation de comptable gestionnaire. Je tiens à leur rendre hommage à tous les 2 car mon père étant dans une passe difficile, c’est pour le soutenir qu’ils ont pris part à son entreprise. Généralement lorsqu’une grande entreprise prend des parts dans une plus petite, c’est pour finir par l’absorber. La générosité et les affaires font rarement bon ménage. Mais ceux ci se sont retirés et sans en demander le moindre bénéfice, dés que CHAPPAT TRANSPORTS a retrouvé un nouveau souffle. C’étaient des hommes exceptionnels, qui connaissaient la valeur du travail, pouvaient faire preuve de générosité et ne manquaient pas de droiture. Il faut savoir ce que l’on est, mais surtout d’où l’on vient, de qui l’on tient ce que l’on possède, de ce que l’on a en soit. Je n’ai fait que reprendre la suite de ce que mon père a créé et a eu le courage de porter seul sur ses bras durant des années.

Didier, mon frère, m’a rejoint quelques années plus tard en 1983 pour compléter mes compétences plutôt atypiques pour un transporteur, n’ayant jamais passé de permis poids lourds et n’ayant pas beaucoup de gout pour les camions ni pour la mécanique. Nous formions donc un binôme très complémentaire pour développer, avec l’aide de mon père, une entreprise évoluant dans un secteur ou l’engagement personnel, la charge de travail, les responsabilités et les difficultés sont bien lourdes pour un homme seul. Mon père nous a donc transmis, et non cédé, la Société en 1992 ou nous avons été nommés respectivement PDG et DG à parts quasiment égales.

Du transport national, notre Société s’est rapidement tournée vers le transport international. Ayant perdu le trafic FONTAINE CHARPY, autre client important des Transports-Locations Henri CHAPPAT, et le transport intérieur, contrairement aux transports internationaux, étant soumis à licences dont le cout était trop important pour nos possibilités de l’époque, c’est sur l’Italie ou mon père avait déjà commencé à s’aventurer que nous nous somme spécialisés. D’une dizaine de véhicule en 1980, nous sommes progressivement passés à une trentaine en 20 ans. Ces 20 ans de la Société que nous avons fêté à la salle des fêtes de POLLIAT lors du passage à l’an 2000 avec l’ensemble de nos salariés et très agréablement servis par l’hôtel restaurant TEJERINA qui est devenu l’excellente table que nous connaissons tous.

Exerçant pratiquement à 100% notre activité entre la grosse région Parisienne et le nord de l’Italie avec un service de plus en plus exigeant ou l’express est devenu la norme, nous avions notre place et notre Société était reconnue et appréciée sur cet axe. Nous avons servi en sous-traitance beaucoup de grands groupes de transports mais aussi des clients comme DANONE, KODACK, DIOR… et PHILIPS qui nous a  chaque année accordé la 1ere ou la 2me place lors du challenge annuel de leurs transporteurs.

De natures plutôt discrètes et tellement absorbés par cette activité qui vous dévore et laisse si peu de place à la vie personnelle, nous n’avons pas participé activement à la vie professionnelle du village. Ce n’était pas par mépris, respectant toutes les activités et ceux qui les font vivre, mais parce qu’il faut bien faire des choix et réserver un peu d’espace à ce que l’on est en dehors de son travail.

Les principales difficultés

Des difficultés, de part notre activité nous n’avons connu que cela. Les pannes, les accidents, la fiabilité du personnel, les problèmes climatiques, les grandes grèves, les chocs pétroliers, la fermeture du Tunnel du MT BLANC suite à son incendie dramatique, la sureté des hommes, des véhicules et des marchandises… mais surtout le fait que nous ne pouvions fermer les portes à 19H pour ne les ouvrir que le lendemain à 8 H. Les camions roulent de jour comme de nuit pour que l’industrie et le commerce soient approvisionnés, pour que l’économie fonctionne tout simplement.

Mais si la pandémie du COVIP 19 nous a achevé, c’est l’élargissement de l’Europe aux pays de l’EST entre 2004 et 2007 qui nous a tué à petit feu. Même la crise des subprimes n’a été qu’un incident un peu plus difficile que les autres. Comment, alors que le cout est devenu un facteur bien plus prépondérant que la qualité de service, rivaliser avec des pays ou les chauffeurs ont des rémunérations 2 ou 3 fois inférieures aux nôtres, des charges sociales 2 fois moins importantes et des temps de travail nettement plus importants. Pour être honnête, c’est surtout de ne pas avoir prévu qu’ils allaient nous fermer les portes du trafic international en 7/8 ans et nous faire perdre 100% de notre chiffre d’affaire sur cette période. Donc de ne pas avoir profité de notre solidité pour orienter l’entreprise que je dirigeai vers des secteurs moins concurrencés ou de façon plus égale.

Les raisons de la fermeture

Notre chiffre d’affaire s’étant réduit de 6 700 000 € à 4 500 000 € en 8 ans, nos résultats ont suivi la même courbe pour devenir négatifs et même fortement ces 2 dernières années en raison de la baisse d’activité et des prix, de la forte augmentation des contraintes administratives et des difficultés de recrutement. Une certaine lassitude face à l’évolution des mentalités qui rend exécrable les rapports avec la plupart des clients et avec beaucoup de nouveaux entrants dans cette profession, toute une génération partant progressivement en retraite. Le fait que le transport intérieur prend petit à petit le même chemin que le transport international. Et enfin la crise économique que crée cette pandémie, d’une ampleur sans précédent pour toutes les économies et dont nous n’avons encore aucune idée des répercutions à moyen et long terme.

La suite

C’est une page à ouvrir. Peut-être faire autre chose, surement d’apprendre à mieux vivre et d’avoir la sagesse de tirer des leçons des 40 années passées. Dans un premier temps c’est une liquidation approuvée par le tribunal de commerce ce Mercredi 29 AVRIL 2020, l’année de notre 40me anniversaire. Donc une fermeture définitive et des camions qui n’auront probablement plus leur place au 326 Route de BOURG EN BRESSE à POLLIAT.

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